Bidu'yà (Victorio) 1825- 1880
BIDU-YA "Victorio" né en 1825 fut l'un des plus glorieux chefs apaches chiricahua et issue de famille guèrrière dont sa soeur LOZEN.
Dans l'immense secteur couvert par les régions de Chihuahua et Sonora au vieux Mexique, l'ouest du Texas et le sud du Nouveau-Mexique, il y avait autrefois bien peu de noms aussi redoutés vers la fin des années 1870 que celui de Victorio, le chef de guerre Mimbres Apache.
Considéré comme le plus efficace de tous les guerriers Apaches, Victorio a manœuvré et combattu les forces militaires envoyées contre lui à partir des deux côtés de la frontière. Comme plusieurs grands dirigeants de l'histoire, il possédait un instinct naturel pour la vitesse d'esprit. Il est devenu une sorte de fantôme insaisissable pour tous ceux qui cherchaient à se débarrasser de lui. Un officier de l'armée le qualifiait même du plus grand chef guerrier à avoir vécu sur le continent.
Physiquement, Victorio était un Apache typique, bien qu'il était plus solidement charpenté que la plupart des autres. L'inspecteur aux affaires indiennes John Kimball le décrivait comme petit et corpulent, avec une lourde et solide mâchoire inférieure, et l'œil d'un politicien. Vêtu d'une chemise en calicot noirci et des pantalons rudes, sans peintures corporelles, ni plumes ou bijoux d'aucune sorte.
On pense que Victorio est né dans la région de Black Range, dans le sud-ouest du Nouveau-Mexique, probablement vers 1825. Une rumeur faisait même de lui un Mexicain d'origine, capturé par les Apaches alors qu'il n'était qu'un jeune garçon. Un doute subsiste encore à ce sujet.
Comme la plupart des Indiens de cette époque, on connaît peu de choses sur l'enfance de Victorio. Dans les années 1850, il commença à faire parler de lui comme un guerrier très prometteur. Il grava ses lettres de noblesse au cours de plusieurs raids au Mexique. À cette époque des bandes d'Apaches se glissaient régulièrement de l'autre côté de la frontière pour piller ou chercher vengeance contre des atrocités commises par des Mexicains envers leur peuple. On ne pardonnait pas et la brutalité se faisait sentir des deux côtés.
La découverte d'or dans la région de Pinos Altos, dans le sud-ouest du Nouveau-Mexique, au printemps de 1860 eut de profondes répercutions sur les relations entre les Blancs et les Apaches. Les prospecteurs amenèrent avec eux leurs étranges coutumes influencées par le whisky, leur tempérament meurtrier et avec leur tendance à interrompre le mode de vie des Indiens. Les Apaches, en revanche, ne se gênaient pas pour voler les chevaux et autres animaux d'élevage ou d'attaquer les prospecteurs.
Maitre tacticien
En décembre 1860, un groupe de mineurs attaqua quelques Apaches pacifiques sur la Mimbres River. Ils croyaient que ces Indiens leur avaient volé une mule. Plus tard, l'armée confisqua les biens des Apaches, question de payer l'amende sur ce qu'ils avaient apparemment dérobé aux mineurs. L'incident souleva l'indignation de Victorio et cela l'incita à déterrer la hache de guerre.
Lorsque la Guerre Civile éclata quelques semaines plus tard et que les troupes furent rappelées dans l'Est, Victorio, tout comme d'autres leaders Apache, tira avantage de cette situation en faisant la pluie et le beau temps sur le territoire. On croit que Victorio se trouvait avec Cochise et Mangas Coloradas à la Bataille de Apache Pass en 1862.
Après la mort de Mangas en 1863, Victorio grimpa les échelons jusqu'à devenir le chef des Eastern Chiricahuas. En formant un groupe d'élite de guerriers, Victorio passa les deux années suivantes à pratiquer des raids dans la Rio Grande Valley et aussi au Mexique.
Première "Paix"
En 1865, Victorio avait atteint un niveau impressionnant d'expérience au combat et il exprima sa bonne volonté en envisageant d'abandonner ses croisades et de s'installer quelque part, offrant à son peuple un endroit convenable pour vivre en paix. En 1870, le gouvernement établissait une réserve à Ojo Caliente qui allait soi-disant satisfaire les besoins des Apaches. Ils y restèrent durant quelque temps dans des conditions plus ou moins satisfaisantes.
En 1877, dans un effort pour obtenir plus de contrôle sur le peuple Apache, le gouvernement décida que toutes les bandes devaient être concentrées sur la réserve de San Carlos, dans l'est de l'Arizona. Cette décision reflétait très peu de compréhension de la culture Apache. Premièrement, la région de San Carlos était chaude, stérile et malsaine. De plus, on retrouvait une certaine tension entre les différentes bandes Apaches. Victorio accepta de déménager mais avec un autre leader guerrier nommé Loco, il quitta la réserve en septembre.
Les Apaches se déplacèrent vers l'Est à travers la région montagneuse de l'est de l'Arizona jusqu'au Nouveau-Mexique. Ils faisaient des raids lorsqu'une opportunité se présentait. La police de San Carlos et un contingent d'éclaireurs Apaches les prirent alors en chasse. Toutefois, les bandes de Victorio et de Loco demeuraient toujours hors de leur portée. Mais à la fin du mois la plupart, en ayant assez de cette cavale, se rendirent aux autorités du Fort Wingate, dans le nord-ouest du Nouveau-Mexique. Ils demandèrent seulement qu'on leur permette de retourner à Ojo Caliente. Le Colonel Edward Hatch, commandant du District du Nouveau-Mexique, accéda à leur demande en se fiant sur leur parole.
Par contre, Victorio n'était pas encore près à laisser tomber les bras. Avec son petit groupe de fidèles il se glissa jusqu'au Mexique pour reprendre ses attaques et terroriser le sud de la frontière.
Seconde "Paix et Réserve de San Carlos
En février 1878, Victorio traversa la frontière et se livra lui-même aux autorités à Ojo Caliente, où on lui permit de rester tandis que l'armée et le Département de l'Intérieur cherchaient à reloger les Apaches. Durant un certain temps, on étudia la possibilité de les envoyer au Fort Sill, en Territoire Indien. Mais en octobre on décida de les retourner à San Carlos. Encore une fois, Victorio fugua vers le sud, cette fois avec environ 80 guerriers. Quant à Loco, il se laissa conduire avec les autres jusqu'à la réserve de San Carlos.
Le scénario fut le même que l'année précédente. Après un hiver à rôder entre Chihuahua et le Nouveau-Mexique, Victorio rentra en février 1879, demandant à ce que lui et ses guerriers puissent demeurer à Ojo Caliente. Il était prêt à ce qu'on l'envoie n'importe où, à l'exception de San Carlos. Après avoir étudié le dossier encore une fois, leur choix s'arrêta sur la réserve Mescalero. Au début, Victorio refusa, mais il finit par se soumettre à la décision, en autant que les familles de ses guerriers puissent les rejoindre à partir de San Carlos. Le gouvernement accepta.
La guerre de Victorio: "Ambush in Massacre Canyon" 1879-1880
En septembre 1879, la nouvelle atteignit les oreilles de Victorio à l'effet que les autorités de Silver City, Nouveau-Mexique, le recherchaient pour meurtre et vol de chevaux. Convaincu que les hommes de loi se lanceraient à ses trousses pour ensuite lui faire sa fête, Victorio rassembla sa bande et se dirigea une fois de plus vers les montagnes où, dans les mois qui suivirent, il fut rejoint par d'autres Mescaleros et Chiricahuas mécontents du sort que leur réservaient les Blancs. Mais cette fois, pour Victorio, il n'était plus question de revenir en arrière. Il en avait assez de toute cette comédie gouvernementale.
Avec la nouvelle que Victorio avait pris le large, l'armée envoya des patrouilles à travers le sud-est de l'Arizona et aussi dans le sud-ouest du Nouveau-Mexique. Quand l'armée tenta de violer son sanctuaire dans les Mimbres Mountains, il frappa sauvagement.
Le 4 septembre 1879 à Ojo Caliente en Arizona
Victorio et ses 150 guerriers tendirent une embuscade, à une patrouille de la 9e Cavalerie du Colonel Hatch qui eut 5 tués et auxquels ils volèrent 46 chevaux, de même qu'à un contingent d'éclaireurs Navajos. Le combat fut rude et il dura toute la journée. Huit soldats furent tués et deux autres blessés, de même qu'un bon nombre de chevaux et de mules, avant qu'ils puissent s'extirper de cette situation.
Le 10 septembre 1879
Ce jour là, 9 colons furent tués par la bande de Victorio.
Le 16 septembre 1879 Black Range Moutains Nouveau-Mexique
Des soldats tombent dans une embuscade et sont piègés par les guerriers de Victorio, secourus par les Compagnies C et G; après un jour de combat, les soldats arrêtèrent le combat, laissant 5 soldats, 3 éclaireurs et 32 chevaux morts.
En novembre, The Candelaria Moutains au Mexique
Une force mexicaine constituée de 50 hommes tomba dans une autre embuscade au cour des Candeleria Mountains et ils furent presque tous anéantis. Le bilan s'éleva à 26 morts et 18 blessés.
Victorio rôdait avec sa bande des deux côtés de la frontière dans la Rio Grande Valley, apparaissant soudainement pour faire un raid et incendier des demeures avant de disparaître comme par enchantement. Les autorités mexicaines autant qu'américaines étaient désespérées. En Arizona, les troupes du Général Orlando Willcox couvraient le secteur sud-est, alors que Hatch avait ordonné à sa 9e Cavalerie de patrouiller la zone sud du Nouveau-Mexique. Malgré ces intenses recherches, Victorio restait introuvable. Et lorsque les soldats tombaient sur lui, c'était souvent pour le regretter rapidement.
Entre le 9 janvier et mai 1880: Retour aux États-Unis et poursuite
Au début de 1880, Victorio passa au nord de la frontière, revenant en sol américain. Des troupes de l'Arizona et du Nouveau-Mexique le pourchassèrent avec vigueur, ce qui occasionna plusieurs petites escarmouches. Ces affrontements ne faisaient que quelques blessés, mais ils entraînaient une grande frustration pour les officiers. En effet, ils se demandaient encore comment ces Indiens parvenaient à leur échapper sans arrêt sur un terrain couvert de patrouilles.
En mars 1880, Hatch lança une campagne offensive dans laquelle il fondait beaucoup d'espoir. Les rapports qu'il recevait indiquaient que Victorio se cachait dans le Hembrillo Canyon, dans les San Andreas Mountains. Hatch conduisit alors une colonne à partir de Aleman et un deuxième groupe partit du Fort Stanton. Une troisième colonne se mit également en route en provenance du Texas. Ils bloquaient ainsi toute chance de fuite. Cette fois, le redoutable Victorio ne pourrait pas s'en sortir.
La colonne provenant du Fort Stanton, agissant sous le commandement du Capitaine Henry Carroll, eut le malheur de boire de l'eau contaminé au gypse en cours de route. Lorsque les soldats malades surprirent le campement de Victorio, les Apaches comprirent rapidement leur état lamentable et ils les repoussèrent facilement. Heureusement pour ces tuniques bleues, Hatch et ses hommes arrivèrent juste à temps pour les relever et poursuivre l'offensive. Mais ce mouvement permis néanmoins à Victorio de s'échapper encore une fois.
Cette interminable poursuite commençait à irriter fortement les infatigables Apaches. Pour Victorio et ses guerriers, la réserve Mescalero représentait leur unique source d'approvisionnement en armes, en munitions, en chevaux et en provisions. En apprenant cela, l'armée leur bloqua tout simplement l'accès à la réserve Mescalero, obligeant les Indiens à se tourner vers les ranchs pour s'approvisionner.
En mai 1880,
Un détachement d'éclaireurs Apaches localisa le camp de Victorio dans le Palomas Canyon, au nord de ce qui est aujourd'hui Hillsboro au Nouveau-Mexique. Les éclaireurs n'étaient pas assez nombreux pour faire face aux fugitifs, alors ils envoyèrent un messager jusqu'à Hatch, demandant des renforts de toute urgence. Mais le message demeura sans réponse. Pourquoi Hatch a-t-il refusé d'apporter des renforts aux éclaireurs? Cela reste malheureusement un mystère. La presse locale le critiqua fortement par la suite. Malgré tout, les éclaireurs donnèrent du fil à retordre aux guerriers de Victorio. Plusieurs d'entre eux furent tués et même Victorio fut apparemment blessé à une jambe. Lorsque la fumée des armes se dissipa, les Apaches avaient encore disparus.
L'armée continua la chasse en postant des soldats à tous les points d'eau imaginables, mais aucune trace de Victorio.
Le 12 mai, Bass Canyon à l'ouest de Fort Davis
Huit guerriers Mescalero attaquent un train tuant deux colons et en blessant deux autres. Les Soldats les poursuivirent certains qu'ils allaient rejoindre Victorio.
Juillet 1880, Eagle Springs, Texas
Les 3 hommes du Lieutenant Henry Flipper repèrent la garde de Victorio qui semble marcher en direction de Eagle Springs. Mais Victorio ruse et se dirige vers Rattlesnake Springs plus au nord-ouest où le Lieutenant H. Flipper le poursuit.
Le 30 juillet 1880 Tinaja de las Palmas
Ce matin là, le Colonel Benjamin Grierson avec six de ses hommes, occupent une crête rocheuse à l'est de Quitman Canyon en direction de San Antonio - el Paso Road. Le site était connu sous le nom de Tinaja de la Palmas. Ils attendaient les hommes de Victorio qui étaient à la recherche d'eau. Vers 9 heures du matin, Victorio et une centaine de guerriers approchèrent. La bataille dura plus de 4 heures, et les Apaches battirent finalement en retraite, au delà du Rio Grande, lorsque des renforts de deux Compagnies de Cavalerie arrivèrent sur les lieux. Il yeu des morts et des blessés des deux côtés.
Le 6 août août 1880, Rattlesnake Springs au Texas
Les soldats étaient aux aguets. En milieu d'après-midi leur longue attente fut récompensée. Mais Victorio sentant le danger arrêta ses hommes. Les soldats ouvrirent le feu. A la recherche d'eau et pensant que les soldats étaient peu nombreux, Victorio attaqua. Les soldats ripostèrent, ralentissant un moment l'avance des Indiens. Pendant ce temps une forte unité de la bande de Victorio déroba un train militaire contenant des réserves d'eau. Finalement, dans l'obscurité dans l'attente d'atteindre l'eau; Il échoua. victorio et ses guerriers battirent en retraite
Le 11 août 1880 Alliances des forces US et Mexicaines
Les Buffalo Soldiers trouvent Victorio et ses guerriers et les prennent en chasse. Les chevaux des soldats exténués laissent les guerriers de Victorio traverser le Rio Grande River au Mexique. Une fois de plus Victorio échappe aux soldats. Le gouvernement Mexicain autorisa les militaires US à traverser la frontière à la condition expresse qu'il capture Victorio mort au vivant.
Le 14 octobre 1880 Tres Castillos Mountains au Mexique, Mort de Victorio
Des troupes mexicaines et américaines localisèrent la nouvelle cachette de Victorio dans les Tres Castillos Mountains, au Mexique. Ordonnant aux Américains de partir puisqu'ils ne se trouvaient pas dans leur pays, les Mexicains attaquèrent les Apaches, les tuant tous à l'exception de 17. Cette fois, Victorio comptait parmi les victimes. Les Apaches crurent au suicide de leur héros, alors que d'autres expliquèrent qu'il avait été tué par un Indien Tarahumara, du nom de Mauricio, qui travaillait pour l'armée mexicaine.
Bien que les survivants insistaient pour dire que Victorio avait trouvé la mort au cours de cette bataille, des rumeurs persistèrent quant à son évasion. Comme Butch Cassidy et Sundance Kid, Victorio était un nom trop puissant pour disparaître sous une mort aussi banale.
Qu'il soit mort à Tres Castillos ou non, ce grand chef Apache a laissé une profonde marque dans l'histoire du Sud-Ouest. L'histoire de Victorio reflète aussi à merveille le triste destin des Indiens face à l'invasion des Blancs.
Tsok'a né ndé Cochise entre Tahza et Naiche ses fils
Né vers 1812 & mort en 1876, Cochise fut, de 1861 à 1872, dans le sud-est de l'Arizona, le plus célèbre chef de guerre de sa tribu (les Chiricahuas) et unifia la nation apache avec Geronimo.
Cochise naît autour de l'année 1812 dans la tribu Apache des Chiricahuas. Les Chiricahuas mènent alors une existence semi-nomade entre les territoires de l'actuel Arizona et du Nouveau Mexique.
Il fut le chef du groupe Chokonen de la tribu Apache Chiricahua et ne fut pas, dès le début, hostile aux blancs. Il commença à se battre contre eux en 1861 à cause d'une gaffe commise par le lieutenant George Bascom de l'armée américaine. Cette année-là, Cochise et quelques-uns des siens se rendent chez les soldats pour se disculper d'un enlèvement d'enfant dont on les accuse. (Plus tard, on apprit qu'une autre bande d'indiens l'avait capturé). Ils sont alors traité en prisonniers. Cochise s'échappe mais le lieutenant fit pendre les indiens qui l'avaient accompagné. Dès lors, Cochise rejoint Mangas Coloradas pour combattre les blancs.
Vers la fin de 1861, les soldats quittèrent la région de Chiricahua, pour partir à la guerre dans l'Est. Bascom mourut plus tard au cours d'une bataille, fauché par une boule de canon. Pendant dix ans Cochise effectuera des raids contre les ranches isolés, les mines, les diligences et les soldats américains, qui le feront entrer dans la légende de la résistance indienne. En 1865, la guerre de Sécession étant terminée, de nouvelles forces militaires sont envoyées dans l'Ouest pour en finir avec la guérilla apache. La troupe de Cochise, très mobile, se réfugiant dans les collines entre deux raids parvient à tenir l'armée en échec jusqu'en 1871.
Après sa réddition, Cochise est sommé de conduire sa tribu dans une réserve du Nouveau Mexique. Il refuse et prend à nouveau le maquis. Au matin du 30 avril 1871, 150 mercenaires anglais, mexicains et indiens Papago attaquèrent un camp indien endormi, où ils massacrèrent une centaine d'innocents, des femmes et des enfants pour la plupart. Les survivants furent placés en esclavage. Le président américain, Ulysse S. Grant, fut indigné par cet épisode, et envoya une commission de paix en Arizona, conduite par le général Oliver Howard et Vincent Coyler. Howard arrangea également une rencontre avec Cochise à l'automne, grâce à l'intervention de Thomas Jeffords. Cochise était amer, mais réalisait qu'il menait un combat perdu d'avance. Après onze jours de négociation, le général accorda à Cochise une réserve sur les terres Chiricahua, avec Jeffords en tant qu'agent. En contrepartie, Cochise tint parole, son peuple vécut paisiblement jusqu'à sa mort en 1874.
A partir de cette date, le gouvernement brisa le traité signé par Cochise et déplaça sa tribu de leurs montagnes vertes vers le désert aride de l'Arizona. Le plus jeune fils de Cochise, Naiche, et Geronimo s'enfuirent avec la tribu et se cachèrent dans les montagnes de Chiricahua. Ils réussirent à rester libres pendant dix ans, ne se rendant finalement qu'en 1886.
Ses dernières phrases:
"
Shikissen, mon frère, crois -tu que tu me reverras encore en vie ? Je sens la mort venir, ce sera pour demain matin vers dix heures. Crois-tu alors qu'on se retrouvera ? Durant ma maladie, j'ai eu l'occasion d'y réfléchir bien souvent, et j'en suis venu à la conclusion que les vrais amis se rejoignent là-haut, plus loin que les montagnes, quelque part au-delà des cieux. C'est ce que je crois"
Disait-il a son ami
Thomas Jefford
Go'khla'yèh Geronimo) : né en juin 1829 mort le 17 février 1909
Né dans la tribu des Apaches Bedonkohe à Nodoyohn Canyon, au Mexique (actuellement Clifton, Nouveau-Mexique), il n'a jamais été chef, mais en tant qu'homme-médecin, il eut une grande influence sur les Apaches Chiricahuas. Après la mort de Tazha, le fils aîné de Cochise, Naiche, le second fils du vieux chef doit partager le contrôle de la tribu avec lui. Son beau-frère Juh était un leader de la tribu des Apaches Nednis.
Géronimo est admis au conseil de guerre des Apaches Chiricahuas en 1846. En 1858, après le meurtre de sa mère, de sa femme et de ses trois enfants par l’armée mexicaine près d’un village appelé Kas-ki-yeh par les Apaches, il commence des raids de représailles en territoire mexicain. Il venge sa famille le 30 septembre, jour de la saint-Jérôme 1859. Les cris des Mexicains invoquant saint Jérôme (Géronimo ! Géronimo !) pour leur défense, l'inspirent et il prend alors son nom : Geronimo.
En octobre 1862, il participe avec les chefs Cochise et Mangas Coloradas à la bataille d'Apache Pass. En 1871, après près de dix ans de guerre contre les États-Unis, les Apaches Chiricahuas, alors dirigés par Cochise, négocient un accord de paix se rendent sur les conseils de Tom Jeffords. Ils obtiennent la création d’une réserve sur leurs terres. En 1876, la réserve Chiricahua cependant est fermée par les autorités américaines. La plupart des Indiens sont déportés vers la réserve de San Carlos, aride et désertique mais Géronimo, Naiche et Juh réussissent à s’enfuir. Géronimo est arrêté l’année suivante au Nouveau-Mexique par l’agent John P. Clum et transféré à San Carlos. Libéré, il s’enfuit de la réserve quelques mois plus tard. Il gagne le Mexique où il vit de pillages, avant de regagner San Carlos en 1879.
En septembre 1881, peu après la mort de Nochedelklinne, un leader spirituel apache tué par les soldats, Naiche, Géronimo et Juh s’enfuient à nouveau de leur réserve. Ils lancent de violentes attaques contre les colons blancs avant de s’évanouir dans les montagnes mexicaines. En novembre 1882, ils y abattent les 22 soldats mexicains du capitaine Juan Mata Ortiz.
Les raids des Apaches débordent du côté États-Unis (en Arizona et Nouveau-Mexique) : en mars 1883, 26 colons américains sont tués. Le général George Crook est chargé de protéger la population blanche et entreprend de traquer les Apaches hostiles dans leurs repaires mexicains. Un camp découvert par les éclaireurs apaches de Crook est attaqué en mai 1883. Les leaders apaches acceptent alors le principe d’une reddition. En 1884 Geronimo s’établit de nouveau dans la réserve de San Carlos. Geronimo, en compagnie de Naiche et plusieurs membres de la tribu s'échappent plusieurs fois, vivant de pillages, avant de se rendre. L'arrestation brutale du guerrier Ka-ya-ten-nae le pousse à s'enfuir une nouvelle fois le 17 mai 1885 avec 35 hommes et 109 femmes et enfants. Depuis le Mexique, ses hommes lancent plusieurs raids meurtriers en Arizona et au Nouveau Mexique. Il est de nouveau retrouvé au Mexique par des éclaireurs Apaches en mars 1886. Pendant une conférence avec le général Crook, il accepte de regagner la réserve avec les soldats américains. Il se ravise plus tard et s’échappe dans les montagnes avec Naiche, une quinzaine de guerriers et quelques femmes et enfants.
Geronimo photographié par Edward Sheriff Curtis en 1905.Crook ayant démissionné, c’est le général Nelson A. Miles qui est chargé de le poursuivre avec 5000 hommes et des milliers de volontaires. 3 000 soldats mexicains sont aussi mobilisés contre les Apaches au sud de la frontière. En marge de la poursuite de Geronimo, le général Miles fait déporter en Floride les Chiricahuas vivant en paix dans la réserve de San Carlos. Pendant plus de 5 mois, Geronimo et ses partisans réussissent à passer entre les mailles du filet, utilisant la surprise, la mobilité et les connaissances des Apaches des modes de survie dans des conditions extrêmes. Épuisé, fatigué de se battre, il finit par se rendre le 4 septembre 1886 avec 16 guerriers, 12 femmes et 6 enfants. « C’est la quatrième fois que je me rends » dit-il.
Sur ordre spécial du président Grover Cleveland, il est placé sous surveillance militaire étroite en Floride avec 14 de ses braves. Le climat humide de la Floride s’avère malsain pour les Apaches habitués à celui du désert et plusieurs d'entre eux décèdent. Les survivants sont ramenés à Fort Sill, en Oklahoma, en 1887. Geronimo se convertit alors au christianisme et devient fermier. Il regrette cependant jusqu'à la fin de ses jours de s'être rendu. Il vend des souvenirs à la Louisiana Purchase Exposition en 1904, participe à la parade d'inauguration de Theodore Roosevelt en 1905
Il dicte l’histoire de sa vie en 1906 avant de mourir d'une pneumonie à Fort Sill en 1909.
Les campagnes de guérilla de Geronimo restent un parfait exemple du genre. Ses facultés à exploiter des ressources humaines limitées et les terrains difficiles font de lui un stratège et un tacticien de premier ordre.
Sa Citation:
"Quand le dernier arbre aura été abattu - Quand la dernière rivière aura été empoisonnée - Quand le dernier poisson aura été péché - Alors on saura que l'argent ne se mange pas."